RTBF la une, le 19 trente, Le Scan, lundi 22 mai 2017

le SCAN :
     
Le style trahit les fraudeurs
     
Style betrays fraudsters


Cette page résume le reportage vidéo et reprend en transcription synthétique les passages essentiels.
This page summarizes the video report and reproduces in synthetic transcript the essential passages.

Lundi 22 mai 2017, le journal télévisé "19 trente" de la chaîne "la une" de la RTBF a présenté dans la rubrique " le SCAN" un reportage du journaliste Tristan Godaert (T. G.) sur le ghostwriting académique : la rédaction non-autorisée par un professionnel d’un travail de fin d’études (TFE).

On May 22, 2017, the evening news the "19 trente" of the television channel "la une" of the Belgian Radio-Television broadcasting services in French (RTBF)  presented in its "le SCAN" section a video report by the journalist Tristan Godaert (T. G.) on academic ghostwriting: the non-authorized writing by a professional of a graduate thesis (GT).

Ce reportage montre d’abord l’importance de cette fraude dans les universités belges en interrogeant le ghostwriter E steban  V asque z (E. V.), qui s’autoproclame comme le meilleur de Belgique. Actuellement, ce ghostwriter s’occupe de dix documents à la fois. Écrire un TFE est facile pour lui :

E. V. : - Une introduction qui amène trois parties théoriques, puis une introduction méthodologique qui prépare une enquête, puis une analyse pour terminer. Tout le reste est de la mise en boîte.

This report first shows the importance of this fraud in Belgian universities by questioning the ghostwriter E steban V asque z (E. V.), who self-proclaimed himself as the best in Belgium. Currently, this ghostwriter takes care simultaneously of ten documents. Writing a GT is easy for him:

E. V.: - An introduction which brings three theoretical parts, then a methodological introduction which prepares an investigation, and then a final analysis. Everything else is just formatting.

Selon ce ghostwriter, il rédige des TFEs pour des formations de soins infirmiers, de ressources humaines, de comptabilité, voire pour des certificats de fin d’études secondaires. Pour ces derniers documents, ce sont les parents qui le contactent, alors que pour les autres documents, il traite directement avec l’étudiant.

Le ghostwriter E. V. présente ses deux assistantes malgaches par vidéo conférence. Elles travaillent pour lui à moins d’un euro par heure. Il facture 1’700 euros pour la rédaction d’un mémoire de 80 pages qui, selon lui, répond aux exigences de qualité demandées. Pour E. V., son travail ne sert pas à tricher. Un subside devrait même lui être attribué pour son assistance à l’insertion socio-professionnelle.

According to this ghostwriter, he writes GTs for training in nursing, human resources, accounting, or even for graduation of high school. For the latter documents, he is contacted by the parents, while for the other documents, he deals directly with the student.

The ghostwriter E. V. presents his two Madagascan assistants by video conference. They work for him for less than one euro per hour. He bills 1,700 euros for writing an 80-page paper he believes meets the quality requirements. For E. V., his work does not serve to cheat. A subsidy should even be awarded to him for his assistance to social and professional integration.

Selon Philippe Emplit (P. E.), Vice-Recteur de l’Université Libre de Bruxelles :

- Si l’étudiant n’a pas fait le travail, il y a fraude. Les mesures suivantes peuvent être prises : annulation de la note du mémoire, de la session d’examens, voire des sanctions plus importante pour un étudiant récidiviste.

Le journaliste T. G. : - ... Mais les écrivains fantômes sont difficile à détecter ?

C’est l’un des arguments avancés par le ghostwriter E. V. qui prétend avoir rédigé 350 mémoires en écrivant à la manière d’un étudiant qui réécrit une vingtaine de fois la même phrase. Pour ce ghostwriter, cela rend son travail indétectable.

According to Philippe Emplit (P. E.), Vice-Rector of the Université Libre de Bruxelles:

- If the student did not do the job, there is fraud. The following measures can be taken: cancellation of the GT mark, of the examination session, or even greater penalties for a recidivist student.

The journalist T. G.: - ... But ghostwriters are hard to detect?

This is one of the arguments put forward by the ghostwriter E. V. who claims to have written 350 memoirs by writing like a student who rewrites the same sentence twenty times. For this ghostwriter, this makes his work undetectable.

Indétectable ? Pas tant que ça, l’équipe du SCAN a trouvé plus malin. Le journaliste T. G. se rend en Suisse à Lausanne (note du transcripteur: à la HES-SO) pour vérifier si le travail des ghostwriters est indétectable. Il y rencontre Claude-Alain Roten (C.-A. R., note du transcripteur: directeur d’OrphAnalytics) à Lausanne. Son logiciel anti-ghostwriter permet de déterminer si une personne est l’auteur d’un texte, qu’il s’agisse de livres politiques, de romans, de mémoires.

Selon C.-A. R. : - On n’analyse pas l’information, mais la façon dont elle est mise en perspective. Tournure de phrase, style, choix des mots. Dès que l’on s’attaque à la syntaxe, on a l’information la plus personnelle d’un auteur... Une sorte d’empreinte digitale...

T. G. poursuit : - Nous avons défié le logiciel avec cinq mémoires écrits par des étudiants d’universités belges. Trois ont été rédigés par trois étudiants différents (note du transcripteur : un étudiant rédacteur par TFE). Deux autres par le ghostwriter E. V. Résultats : 24 heures plus tard.

Undetectable? Not so much, the team of le SCAN found smarter. The journalist T. G. flew to Lausanne, Switzerland (transcriber’note: to the HES-SO) to check whether the writing of ghostwriters is undetectable. He met Claude-Alain Roten (C.-A. R., transcriber's note: director of OrphAnalytics) in Lausanne. Its anti-ghostwriter software enables to determine whether a person is the author of a text, which could be part of political books, novels or memoirs.

According to C.-A. R: - We do not analyze the information, but how it is put into perspective. Turns of phrase, style, choice of words. As soon as the syntax is characterized, the most personal information of an author is obtained... A kind of fingerprint ...

T. G. continues: - We challenged the software with five memoirs written by students from Belgian universities. Three were written by three different students (transcriber's note: one student writer per GT). Two more by the ghostwriter E. V. Results: 24 hours later.


Comparaison par statistique
multivariée des types de mots les plus fréquents pour enrichir en mots outils, extraits normalisés de 10’000 caractères environ. Ce graphique illustre la variance maximale qui sépare en deux dimensions les fragments de texte symbolisés par des pictogrammes.

Comparison by multivariate statistics of the most frequent types of words enriched in function words, normalized extracts of approximately 10,000 characters. This graph illustrates the maximum variance that spreads into two dimensions the fragments of text symbolized by pictograms.

Le journaliste T. G. commente le graphique reçu de C.-A. R. d’OrphAnalytics.

T. G. : - Il y a des triangles en haut (note du transcripteur : roses ...), des points (... au milieu : rouges...), des triangles inversés en bas (... orange). Ce sont les trois étudiants ?

C.-A. R. : - Oui.

T. G. : - Et le nuage bleu constitué de deux types de symboles (note du transcripteur : triangles et losanges), c’est le ghostwriter ?

C.-A. R. : - Exactement, c’est le ghostwriter. Il a écrit pour deux étudiants (note du transcripteur : un type de symbole par étudiant) qui vont apparaître dans le même nuage bleu.

The journalist T. G. comments on the graph sent by C.-A. R. of OrphAnalytics.

T. G.: - There are triangles at the top (transcriber's note: pink...), points (... in the middle: red...), inverted triangles at the bottom (...orange). Are these symbols those of the three students?

C.-A. R.: - Indeed.

T. G.: - And the blue cloud made of two types of symbols (transcriber's note: triangles and diamonds) is the cluster of the ghostwriter?

C.-A. R.: - Precisely, it's the ghostwriter’s cloud. He wrote for two students (transcriber's note: one type of symbol per student) that will appear in the same blue cluster.

Le journaliste T. G. : - Grâce au style d’écriture, le logiciel a pu déterminer qu’une seule personne avait écrit deux mémoires. Comme les 350 autres déjà écrits par E. V. qui ont été validés par les meilleures universités belges. Des tricheurs diplômés pourraient être débusqués par le logiciel anti-fraude. Mais son prix, 30’000 euros (note du transcripteur le prix varie en fonctions des options choisies et du nombre d’étudiants) risquent de dissuader nos universités.

Philippe Emplit, Vice-Recteur de l’Université Libre de Bruxelles : - Je concède que ce soit possible, mais si j’avais des moyens importants à mettre en œuvre, je le consacrerais à la prévention et à l’éducation, plutôt qu’à la détection de la fraude, limitée selon moi.

Le journaliste T. G. : - En Suisse on estime à 10% la part de mémoires frauduleux. Peu de chances que notre pays échappe à cette tendance. Des écoles suisses ont attaqués en justice des sites de ghoswriters. Mais delà à dire que la profession a du soucis à se faire, il y a de la marge.

The journalist T. G.: - Thanks to the style of writing, the software could determine that one person had written two memoirs. Like the 350 others already written by E. V. which have been validated by the best Belgian universities. Graduate cheaters could be detected by anti-fraud software. But its price, 30,000 euros (transcriber's note: the price depends on the options chosen and the number of students) may deter our universities.

Philippe Emplit, Vice-Rector of the Université Libre de Bruxelles: - I concede that it is possible, but if I had important means to implement, I would devote to prevention and education, instead of the detection of fraud, limited in my opinion.

The journalist T. G.: - In Switzerland, the proportion of fraudulent memoirs is estimated around 10%. It is unlikely that Begium will present another trend. Swiss universities have sued ghoswriters' sites. But is too early to pretend that this profession has to worry about it.

le SCAN


Note : la RTBF a demandé aux spécialistes d’OrphAnalytics de mener au mieux les analyses de comparaison de style de textes. Ces derniers ont acceptés dès que la liberté d’experts leur a été accordée, i.e. obtenir et défendre leurs résultats, si nécessaires en désaccord avec ceux attendus par l’équipe de la RTBF. En contrepartie, l’équipe d’OrphAnalytics s’engage a garder confidentiel tout ce qui peut être déduit par l’analyse de ces textes anonymes.

Nous remercions l’équipe de la RTBF menée par le journaliste Tristan Godaert ainsi que le rectorat de la HES-SO (plus de 20’000 étudiants) représenté par le Vice-Recteur Yves Rey, qui nous a accueilli pour ce tournage dans leur école de master de Lausanne. La HES-SO est la première haute école au monde à introduire une stratégie de contrôle de ghostwriting afin de documenter le respect des bonnes pratiques rédactionnelles de leurs étudiants, gage de future intégrité professionnelle.

Note: RTBF has asked OrphAnalytics specialists to carry out text analysis comparisons to the best of their abilities. The latter accepted as soon as the freedom of experts was granted to them, i.e. to obtain and defend their results, if necessary in disagreement with those expected by the team of the RTBF. In return, the team of OrphAnalytics undertakes to keep confidential all that can be deduced by the analysis of these anonymous texts. 

We thank the RTBF team led by the journalist Tristan Godaert and the HES-SO (more than 20,000 students) rectorate, represented by Vice-Rector Yves Rey, who welcomed us for this shooting at their Master School of Lausanne. The HES-SO is the first university in the world to introduce a strategy for ghostwriting control, to show the respect of their students for writing good practices, a guarantee of future professional integrity.

Reportage / Video report: T Godaert, M Saccomanno, D Delcour, R Hoyois, R Halbardier, F Andreoletti, V Somers, J Lagneaux